La vraie histoire de l’Ostéopathie

Jean Guy Sicotte fait partie de l’historique de l’ostéopathie au Québec, qui de mieux que lui pour vous la raconter!

DÉFINITION DE L’OSTÉOPATHIE

L’ostéopathie est une médecine(1) naturelle, une thérapeutique, un art basés sur des actes palpatoires précis. Ils ont pour objectif de libérer les différents tissus de l’organisme des mécanismes de contraintes qui les empêchent d’accomplir leurs fonctions.
L’ostéopathie est une science de la santé, elle décrit les interrelations entre les systèmes, les lois qui préservent l’équilibre et la santé de l’Être Humain dans sa globalité.
Le but thérapeutique de l’ostéopathie est donc de rechercher les causes des dysfonctions et de remettre en mouvement l’unité fonctionnelle de l’Homme.

HISTORIQUE DE L’OSTÉOPATHIE

Résumé

Andrew Taylor Still, médecin et chirurgien en 1874 après 10 ans de recherches, énonce la méthode et les applications de l’ostéopathie.
En 1892, le premier collège de médecine ostéopathique fut créé à Kirksville dans le Missouri. La première charte de l’«American School of Osteopathy» fut obtenue le 10 mai 1892 et le Dr William Smith,M.D. fut le premier professeur d’anatomie et physiologie.
Poursuivant ses recherches, William Garner Sutherland, D.O. et Harold Magoun, D.O. élargirent ce travail et leurs applications thérapeutiques à la sphère crânienne.

En 1917, l’ostéopathie prend racine en Europe grâce au Dr Martin Littlejohn, D.O., élève du Dr Still.

Ainsi, la «British School of Osteopathy» fut le premier collège d’ostéopathie en Angleterre. L’«European School of Osteopathy» à Maidstone ainsi que d’autres collèges ont permis à l’ostéopathie anglaise d’être respectée et reconnue.

Au XIXe siècle, les docteurs Glénard, Stapfer en Europe ont mis en valeur la palpation et le traitement manuel des organes. L’ostéopathie française est une unité de pointe dans le domaine notamment avec René Briend, D.O., Jacques Weischenck, DO. et Jean-Pierre Barral, DO.

Actuellement, 9 collèges d’ostéopathie sont agréés en France et le Registre des Ostéopathes de France rassemble 500 membres.

En Belgique, la Société Belge des Ostéopathes regroupe l’enseignement officiel de l’ostéopathie à l’Université de Bruxelles.

Présentement, 15 universités aux É.-U. enseignent l’ostéopathie qui d’autre part, est reconnue également en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Depuis de nombreuses années, Mme Viola Frimann, D.O., F.A.A.O. aux États-Unis, s’est consacrée aux traitements des déficiences neuromotrices des jeunes enfants et dirige l’«Osteopathic Center for Children» de la Jolla en Californie. Son exemple fut suivi par la Fondation Canadienne pour l’Enseignement et la Recherche et Ostéopathie depuis 1982 à Montréal.

 HOMMAGE À NOS DISPARUS

 

LE COLLÈGE D’ÉTUDES OSTÉOPATHIQUES DE MONTRÉAL (CEO)

Le Collège d’Études Ostéopathiques de Montréal fut fondé le 13 mars 1981. La formation des étudiants est basée sur la synthèse des différents champs d’application myofascial, ostéo-articulaire, viscéral et crânien.

Sous l’invitation du Dr Jean Guy SicottePhilippe Druelle, D.O. accepta de fonder ce collège, avec la spécificité de cet enseignement au Québec qui se caractérise par la méthodologie d’application et d’intervention clinique de l’ostéopathie.

Le Registre des Ostéopathes du Québec veille au code d’éthique et à la sécurité du public. Il a été créé le 24 septembre 1984.

Plusieurs collèges se développent en Europe, principalement et Italie, et Espagne et en Suisse. Le Collège International d’Ostéopathie allemand a débuté ses cours en vue de former des Ostéopathes dans ce pays, parrainé par le Collège d’Études Ostéopathiques de Montréal ainsi que des Ostéopathes européens et américains.

DÉVELOPPEMENT HISTORIQUE ADDITIONNEL AU QUÉBEC

1re partie

En janvier 1979, un groupe de Québécois comprenant trois médecins, (dont Jean Guy Sicotte M.D.), un physiothérapeute et un étudiant en psychologie se retrouvaient pour un congrès de médecine holistique à Phoenix, Arizona. Déjà sensibilisés à l’approche de la thérapie manuelle, ils furent enchantés de faire la rencontre d’un Ostéopathe américain, le Dr William Wyatt. Ce dernier les initia aux principes de l’ostéopathie en les conviant à quelques rencontres privées pendant lesquelles il leur fit la démonstration de quelques techniques pratiques. Il ne manqua pas de les référer à deux de ses confrères qui pratiquaient l’ostéopathie à Montréal. C’est ainsi qu’ils apprirent l’existence à Montréal du « Zellers Osteopathic Center », où s’étaient relayés plusieurs Ostéopathes américains depuis plus de 25 ans.

Dr Wyatt les invita également à lui rendre visite pour un stage à l’Hôpital ostéopathique du Maine, à Portland, où il était chef du département de médecine ostéopathique. Entre-temps, le Dr Jean Guy Sicotte avait contacté les Dr David Patriquin, D.O. et Dr Arden Finlay, D.O. qui pratiquaient à Montréal. Ces derniers l’invitèrent à entreprendre une formation en techniques ostéopathiques à leur clinique, ce qu’il fit pendant plus de 10 mois, en passant une demi-journée par semaine à assister aux traitements des patients, puis à voir quelques patients lui-même. Ces deux Ostéopathes ont ensuite quitté la clinique pour répondre à l’invitation d’une faculté de médecine ostéopathique à Athens, Ohio. L’un serait le chef d’un département de recherche clinique et les deux combleraient la tâche de l’enseignement.

Par le Dr Patriquin, D.O. le Dr Jean Guy Sicotte apprit que les Ostéopathes pratiquant au Québec, tous d’origine américaine, avaient reçu le titre de MD sur la recommandation du ministre de la santé du Québec, M Claude Castonguay, faite au président de la Corporation Professionnelle des Médecins du Québec, le Dr Gustave Gingras. Cette commission avait fait enquête sur la pratique de l’ostéopathie au Québec vers les années ’70 ou ’71. Il y avait alors neuf Ostéopathes au Québec. Elle concluait que la formation américaine des Ostéopathes leur donnait la compétence d’un médecin sans se soucier de la spécificité thérapeutique propre à l’ostéopathie.

Le « Zellers Osteopathic Center » est associé à la Fondation Zellers formée en 1960, laquelle avait pour objectif d’encourager des Canadiens à entreprendre des études de médecine ostéopathique aux É.-U. pour ensuite venir pratiquer au Canada. Il semble que peu de Canadiens aient répondu à cet appel. Deux jeunes Ostéopathes américains y sont venus successivement pratiquer environ un an entre 1984 et 1987. Aux dernières nouvelles, la clinique fonctionnait avec un physiothérapeute.

2e partie

En mars 1981, un groupe composé surtout de médecins et physiothérapeutes invite M. Philippe Druelle, D.O. à venir donner un séminaire d’introduction de trois jours à l’ostéopathie. Le groupe comprend 14 personnes. Dès le mois de mai 1981, un nouveau séminaire de trois jours est organisé pour un groupe de 28 personnes. Quelques membres du groupe discutent dès lors de la possibilité d’un cours d’ostéopathie offert à des thérapeutes d’expérience, présentant des prérequis nécessaires.

Le premier cours a lieu en septembre de la même année pour 45 praticiens. Philippe Druelle leur fit part du fait que l’ostéopathie n’était pas un ensemble de techniques uniquement, mais nécessitait une formation complète pour exercer cet art thérapeutique. Il fonda le premier collège d’ostéopathie au Québec et au Canada en 1981. Dès la 1re année, les cours étaient préparés par M. Druelle avec quelques collègues, répartis en cinq sessions par année. Le cours complet élaboré selon le modèle des collèges européens devait s’échelonner sur une période de trois ans. L’évolution clé l’enseignement de l’ostéopathie en Europe et ici au Québec les a rapidement convaincus que deux années devraient être ajoutées devant la densité et la spécificité de la matière.

Chaque session était soigneusement préparée par M. Druelle qui rédigea des polycopiés nécessaires à l’étude de la matière enseignée entre chacune des sessions. La première promotion issue du collège gradua donc après cinq années d’études, en juin 1986 devant un jury international de professeurs venus de France, É.-U. et Belgique.

LOCAUX D’ENSEIGNEMENT ET FORMATION

La clinique disponible pour les premiers cours se révéla rapidement trop petite. Le Collège Brébeuf fut donc contacté et depuis ces premiers instants, ce dernier loue des locaux d’enseignement pour chacune des sessions de fin de semaine de trois ou quatre jours. C’est toujours au Collège Brébeuf que se donnent les cours, dans l’amphithéâtre et les salles du Pavillon Lalemant. Les élèves bénéficient de tous les moyens didactiques nécessaires.

Les cours offerts à des médecins, physiothérapeutes et quelques autres praticiens de la santé rencontrant les prérequis en anatomie, physiologie et physiopathologie se poursuivent à la fréquence de cinq sessions par année, pour une durée de cinq ans. Les étudiants doivent assister à quatre journées : cliniques en plus des séminaires spécialisés supplémentaires.

Les étudiants ont tenté, mais en vain, d’obtenir un appui de la part de leur corporation respective. Les uns les perçoivent comme des compétiteurs. Ils organisent déjà depuis plusieurs années au sein de leur profession des cours post-gradués dispensant des techniques de mobilisations vertébrales et périphériques ainsi que des techniques manuelles. Ces cours sont dispensés par des physiothérapeutes qualifiés, à des physiothérapeutes ayant un B.Sc. en physiothérapie. Les autres, représentés par la Corporation Professionnelle des Médecins du Québec, reconnaissent bien l’ostéopathie « à l’américaine », terminologie employée dans le document d’information publié par la C.P.M.Q. en septembre 1989. Il s’agit du « Rapport du Groupe de Travail sur les Médecines dites douces ». Pour ce qui est de l’ostéopathie «à l’européenne», dans le même document, la position de la C.P.M.Q. se résume comme suit, dans le texte:

« Le comité est d’avis que le concept de « lésion ostéopathique » ne repose sur aucune évidence ni expérimentation, qu’il tient d’un discours qui n’a strictement aucune assise anatomique, physiologique ou physiopathologique connue et établie en médecine. Il s’agit d’une hypothèse qui n’a pas été démontrée selon les règles de la médecine scientifique.»(2)

Et toujours dans le même rapport, il est écrit que ces groupes (pratiquant l’ostéopathie « à l’européenne »):

« ( …) en plus d’avoir à l’égard des problèmes musculo-squelettiques une approche un peu identique à celle des Ostéopathes américains, soutiennent que les maladies organiques et les problèmes vertébraux ont, entre eux, des relations de cause à effet, même s’il n’existe aucune base physiopathologique à cette théorie.»(3)

Or, de nombreuses recherches depuis des années ont déjà prouvé l’existence d’interactions et de voies réflexes : somato-somatiques viscéro-viscérales somato-viscérales viscéro-somatiques.

CEO

Sans attendre l’approbation, d’aucune institution en place, les enseignants et administrateurs ont continué à intéresser à l’ostéopathie de nombreux praticiens venant de toutes les régions du Québec en vue de leur offrir une formation complète. Chaque année de cours se termine par une session de quatre jours de révision intensive, d’enseignement complémentaire à l’année en cours et d’examens théoriques et pratiques pour permettre à l’élève d’accéder à l’année suivante. Toutes les sessions de cours sont dirigées par M. Druelle, premier enseignant au collège ou par des professeurs invités de différents collèges européens et maintenant depuis trois ans par des professeurs québécois formés à ce collège, tous diplômés en ostéopathie (D.O.). Les étudiants des années supérieures sont invités à assister à tous les cours des années précédant leur niveau et se prêtent avec intérêt au rôle de moniteurs.

Les examens de fin d’année sont supervisés dès la 3e année par ces mêmes professeurs invités. Le C.E.O. satisfait ainsi aux normes établies par les différents collèges européens réunis en Fédération. Des professeurs de collèges américains, belges, français, anglais et néo-zélandais ont déjà participé au rôle d’examinateurs.

Depuis sa création, le C.E.O. organise à chaque fin d’année un symposium de trois jours où participent des invités de toutes les provenances déjà mentionnées ci-dessus. Il s’agit du Symposium International d’Ostéopathie de Montréal où sont conviés les étudiants en ostéopathie, les physiothérapeutes et les médecins québécois qui veulent prendre contact avec l’ostéopathie, ainsi que les étrangers (étudiants en ostéopathie et D.O.).

Chaque année, des cours complémentaires sur différents sujets sont donnés entre les sessions, sur des sujets connexes à la formation de base. N’en citons que quelques-uns :

– Développement neuro -moteur du nourrisson,

– Strain-Counterstrain

– Radiologie, etc.

Des journées cliniques sont également offertes aux étudiants après chaque session de cours. Chaque étudiant doit en plus faire un stage de deux jours ou plus par année au bureau d’un Ostéopathe gradué.

LA FONDATION CANADIENNE POUR L’ENSEIGNEMENT ET LA RECHERCHE EN OSTÉOPATHIE, F.C.E.R.O.

Dès le début de l’enseignement de l’ostéopathie soit en 1981, M. Philippe Druelle, D.O. , crée les « Journées de l’Enfant » avec Mme Louise Brissette, physiothérapeute, étudiante au C.E.O., maintenant D.O.. Des traitements sont offerts bénévolement aux jeunes enfants, handicapés dans leur développement neuro-moteur, considérés sans espoir par la médecine.

La charte de la Fondation Canadienne pour l’Enseignement et la Recherche en Ostéopathie est déposée et acceptée le 19 novembre 1982.

Par la suite, Mme Denyse Dufresne, physiothérapeute, et le Dr Marie-Josée Saine, étudiantes au C.E.O., en prennent la responsabilité le 11 mai 1983.

Depuis l’automne 1983, des Ostéopathes traitent régulièrement et bénévolement de jeunes enfants atteints d’anomalies neuromotrices aux 15 jours.

Cinq autres Ostéopathes se sont joints à l’équipe du départ et 42 enfants sont actuellement en traitement régulier.

Ces « Journées de l’Enfant » offertes par la F.C.E.R.O. offrent un champ clinique pour l’apprentissage des étudiants du C.E.O.. Chaque étudiant est obligé de participer comme thérapeute assistant à au moins deux journées cliniques par année. La F.C.E.R.O. par ses activités d’enseignement réalise ainsi un de ses objectifs les plus importants.

La recherche est également un autre de ses objectifs. Un protocole de recherche bien établi est suivi avec précision par tous les thérapeutes et chaque année les résultats sont compilés.

Philippe Druelle pour venir en aide financièrement à la F.C.E.R.O. et lui permettre d’atteindre plus vite tous ses objectifs a conçu et réalisé le Gala «Le Don des Étoiles».

Dès 1986, les étoiles de ballet de réputation internationale, sous l’impulsion de M. Patrick Dupont, ont offert bénévolement l’expression de leur art au profit des enfants handicapés.

LE REGISTRE DES OSTÉOPATHES DU QUÉBEC, R.O.Q.-C.

Sous l’initiative de M. Philippe Druelle, D.O. avant la fin de la formation des premiers gradués en 1984, plusieurs d’entre eux proposent de mettre sur pied un organisme qui régirait la qualité et l’éthique de la profession naissante.

Un comité de 2 personnes fut donc formé pour travailler à l’élaboration d’un code d’éthique, de règlements et de statuts dans le but de superviser la pratique de l’ostéopathie au Québec.

La création officielle du R.O.Q.-C est faite le 17 juin 1984 lors de la Fête du Collège qui avait lieu au Centre Sheraton sous la présidence d’honneur du Ministre Denis Lazure.

Mme Thérèse Ménard, D.O.(Q) et M. Roger Robitaille, D.O.(Q) unissent leurs efforts d’écriture et de recherche et le document voit le jour dans l’année qui suit.

Le R.O.Q.-C depuis ce temps, a échangé des lettres de reconnaissance mutuelle avec d’autres Registres Ostéopathiques tel celui de la France, de la Belgique, de la Suisse, de la Nouvelle-Zélande et a entrepris des amorces de reconnaissances avec les Registres d’Angleterre et l’A.O.A..

Le R.O.Q.-C depuis ce temps a réussi à se faire reconnaître comme organisme officiel de consultation par plusieurs compagnies d’assurances au Québec.

Elle a également obtenu une assurance responsabilité pour tous ses membres diplômés en ostéopathie et actuellement, elle est l’organisme officiel qui représente les Ostéopathes auprès des différentes instances gouvernementales pour la reconnaissance de la profession d’Ostéopathe au Québec.

AU CANADA

Des Ostéopathes américains sont venus pratiquer au Canada dès le début du siècle. Ils ont demandé une reconnaissance officielle dans plusieurs provinces et y ont été accueillis avec des modalités variant d’une province à l’autre, essuyant même parfois des refus, jusqu’à être poursuivis ici même au Québec pour pratique illégale de la médecine vers les années ’30.

Aucun collège d’ostéopathie n’a existé au Canada avant la formation du « Cercle d’Études Ostéopathiques » à Montréal en 1981 qui devint le Collège d’Études Ostéopathiques actuel.

Un travail complet sur l’historique de l’ostéopathie a été préparé par Mme Thérèse Ménard pht., D.O.(Q) présidente fondatrice du Registre Ostéopathique du Québec (travail déposé à l’Office des professions, en ’87 et redéposé à nouveau en ’89)(4).

Mentionnons pour terminer notre historique de l’ostéopathie au Québec et au Canada que l’A.O.A.(5) ne reconnaît pratiquement aucun collège d’ostéopathie en dehors de son territoire et s’inquiète peu de savoir où en est l’enseignement de l’ostéopathie en Angleterre, en France ou au Québec. Parfois elle désapprouve complètement dit-on, ne reconnaissant pas la valeur d’une formation non médicale. Par contre, quelques Ostéopathes américains bien reconnus dans leur profession acceptent les contacts et appuient le travail fait en Europe et au Québec. N’en mentionnons que quelques-uns :

  • Dr Viola Frymann, médecin de formation anglaise et Ostéopathe de formation américaine; elle est venue visiter déjà quatre fois le C.E.O. à Montréal et leur a fait part de son appui en leur faisant rencontrer M. Philippe Pumerantz, président du «Osteopathic College of the Pacific» et ancien administrateur de l’A.O.A. Il était chargé alors d’étudier avec eux la possibilité de former un collège à temps plein dans le but d’obtenir une reconnaissance officielle de l’A.O.A.
  • Dr Richard Darby, D.O., responsable de l’enseignement de l’approche «Strain-Counterstrain» à Phoenix, Arizona. Il est venu communiquer cet enseignement à Montréal au mois de mai 1986. Il avait alors encouragé vivement le C.E.O. à poursuivre l’enseignement en ostéopathie.
  • Dr Williarn Wyatt, D.O., ancien chef du département de médecine ostéopathique au «Maine Osteopathic Hospital» à Portland. Il a accepté à deux reprises de venir superviser les examens de fin d’année et de participer aux symposiums annuels organisés par le C.E.O.
  • Dr Fred L. Mitchell Jr, D.O., chargé d’enseignement clinique à la faculté de Médecine ostéopathique de Lansing, Michigan; depuis ’89, il vient à Montréal présenter l’approche ostéopathique connue sous le nom de «Muscle Energy», lors du symposium annuel.

D’autres Ostéopathes américains donnent également à l’occasion un enseignement ostéopathique à des personnes non reconnues par l’A.O.A. Tous ces Ostéopathes semblent adopter la position prise par Dr Viola Frymann, Dr Richard Darby, Dr William Wyatt et autres, à savoir que :

  • L’enseignement qui est fait à l’étranger ne doit pas nécessairement suivre le modèle médical américain. (Dr Viola Frymann)
  • L’enseignement de l’ostéopathie aux États-Unis a tellement recherché l’équivalence de l’enseignement médical conventionnel qu’on en a oublié le concept ostéopathique. (Dr Viola Frymann)
  • L’enseignement aux É.-U. risque de disparaître sous le poids de la profession médicale et son approche thérapeutique. (Dr Richard Darby)

C’est la raison pour laquelle le Dr Darby donne des cours à d’autres que des D.O. « physicians » malgré des semonces non officielles de la part de certains membres de l’A.O.A. Il souhaite créer un intérêt qui permettrait de faire revivre et d’instaurer une vraie médecine ostéopathique qui respecte les principes de base et utilise les « manipulative practices » autant qu’il est possible. C’est le Dr Darby lui-même qui confirmait que parmi les 22 000 Ostéopathes américains, possédant le droit de pratique (médicale) générale ou une spécialité comparable aux spécialités médicales connues, à peine 10 % environ soit un cinquième pratiquait l’approche complète en considérant le mouvement craniosacré et ses répercussions périphériques telles qu’enseignées par les Fondateurs de l’ostéopathie: Still, Sutherland et leurs élèves tels Frymann, Mitchell et Darby.

Ce sont ces concepts complets de l’ostéopathie qui ont été retransmis à l’Europe et qui reviennent maintenant au Québec.

AUX ÉTATS-UNIS ET À TRAVERS LE MONDE

Aux États-Unis: les origines de l’ostéopathie

Vers les années 1870, le Dr Andrew Taylor Still, lui-même médecin, commença à étudier les relations entre les structures myofasciales et articulaires et le fonctionnement des différents systèmes organiques. En 1874, il annonçait avoir découvert une approche nouvelle: en traitant les patients avec ses mains, il les aidait à recouvrer la santé.

Comme le racontait la Dr Viola Frymann, lors d’une de ses visites au C.E.O. en juin 1988, le Dr Still n’a jamais prôné l’utilisation de manipulations dont se réclament tant de thérapies diverses actuelles. Il recommandait plutôt le retour à l’étude de l’anatomie, de la physiologie et de la pathologie. Il invitait ses «médecins» à toucher le patient, à l’examiner en profondeur, à écouter avec les doigts les souffrances des tissus du patient, et « vous saurez ce que vous pourrez faire », disait-il. Puis, il a décrit son expérience, l’a partagée avec ses confrères et consoeurs médecins, pour parvenir à mettre au point différentes techniques de traitement.

L’approche du Dr Still lui permettait d’éviter souvent l’usage de drogues et de la chirurgie, même s’il avait reçu une formation médicale et chirurgicale au « College of Physicians and Surgeons » à Kansas City. Après avoir exposé sa pensée devant la profession médicale, vers 1890, où il essuya un refus, il décida d’ouvrir un collège d’ostéopathie à Kirksville, Missouri en 1892.

De 1892 à 1916 se formeront six collèges de médecine ostéopathique aux États-Unis. L’histoire raconte la visite des frères Littlejohn aux États-Unis vers la fin du siècle dernier. Ces derniers s’étaient inscrits au collège d’ostéopathie du Dr Still à Kirksville. Martin Littlejohn s’est distingué en participant après son cours à l’enseignement et au curriculum de ce collège. Une dissension naquit entre Still et Littlejohn, ce qui amena ce dernier à quitter le collège de Kirksville pour aller fonder en 1890, le collège de Chicago. Littlejohn en fut le 1er doyen; ce collège de médecine ostéopathique est actuellement le plus important aux É.-U.

En Angleterre

En 1917, Littlejohn retourna en Angleterre et y organisa un nouveau collège, la «British School of Osteopathy» (B.S.O.). Ce collège est le plus important parmi plusieurs collèges qui existent présentement en Angleterre. On y retrouve également l’«European School of Osteopathy» (E.S.O.) à Maidstone (Kent) qui offre conjointement un cours à temps plein et un cours post-gradué pour les kinésithérapeutes européens.

L’enseignement de l’ostéopathie en Angleterre n’a pas maintenu l’équivalence médicale des collèges américains. Le diplôme des principaux collèges anglais est cependant reconnu par un «General Council» ; le «Register of Osteopaths» fut créé en 1935 sur une recommandation de la Chambre des Lords. Les Ostéopathes anglais quoique non intégrés dans le système médical étatisé, possèdent encore aujourd’hui, un droit de pratique et l’exercent en milieu privé, et ce sous la protection de la «loi Commune».

Les collèges tels la B.S.O. et l’E.S.O. admettent actuellement de 300 à 400 étudiants par année, ce qui dénote un bon intérêt pour l’ostéopathie en Angleterre.

En Australie et en Nouvelle-Zélande

Il existe quelques collèges d’ostéopathie dans ces deux pays et ils proviennent des collèges anglais. Un Ostéopathe néo-zélandais, le Dr Quentin Skinner, professeur au collège d’ostéopathie de Nouvelle-Zélande, confirmait la reconnaissance officielle de l’ostéopathie en son pays, lors du 2e Symposium International d’Ostéopathie à Montréal, en 1985.

En France

Un enseignement informel de l’ostéopathie commença en France vers les années ’30. Dans son mémoire, Mme Thérèse Ménard rapporte qu’en 1957 fut fondée l’École Française d’ostéopathie. Elle dut s’exiler en Angleterre en 1960 par suite de luttes et de mésententes avec le pouvoir médical. Elle y est devenue l’« European School Osteopathy », E.S.O., que nous avons déjà mentionné plus haut. Ce collège a également continué l’enseignement ostéopathique à des kinésithérapeutes français et belges.

En 1964, des Ostéopathes américains, Dr Harold Magoun, Dr Viola Frymann et Dr Thomas Schooley, viennent en Europe pour former des groupes d’étude sur l’ensemble des principes et techniques ostéopathiques. Ils apportent un intérêt particulier à l’approche craniosacrée. Recevant peu de réponses dans leur pays, ils cherchaient, semble-t-il, un terrain où pourrait se développer une ostéopathie respectant intégralement la pensée des Fondateurs.

L’intérêt chez certains médecins et kinésithérapeutes est suffisamment éveillé pour que naisse en 1973 un enseignement structuré de l’ostéopathie, couvrant l’ensemble de l’organisme: les systèmes neuromusculo-squelettique, craniosacré et viscéral sont étudiés selon les concepts ostéopathiques.

Plusieurs collèges vont se développer, respectant des standards différents. En 1976, se fait sentir le besoin d’un regroupement, car les Ostéopathes s’identifient de plus en plus comme praticiens en ostéopathie plutôt que médecins ou kinésithérapeutes qu’ils étaient à l’origine. Ils cherchent à mettre en valeur le rôle social de l’ostéopathie. Ce sera d’abord la création de la Fédération Française d’Ostéopathie.

Puis, la Fédération des Ostéopathes de France viendra, en 1982, élever encore plus les standards, la qualité de l’enseignement et la pratique de l’ostéopathie. Ce nouvel organisme se donne trois vocations :

  • Sur le plan politique: assurer la promotion de l’ostéopathie française.
  • Sur le plan technique: développer la recherche à l’échelle nationale et internationale.
  • Sur le plan éthique: assurer le contrôle de la compétence de ses membres, en instaurant d’abord un enseignement unifié.

Seulement quatre collèges français étaient à l’origine accrédités par cet organisme :

  • W.G.S. : Institut William Garner Sutherland avec extension au Portugal et en Belgique;
  • O.A. : Collège Ostéopathique ATMAN avec deux collèges, l’un à Paris, l’autre à Nice;
  • T.S.A. : Andrew Taylor Still Academy;
  • SERETO et A.P.O. : Société d’Étude, de Recherche et d’Enseignement des Techniques Ostéopathiques et Association des Praticiens Ostéopathes.

En 1985, le nombre d’étudiants en formation était de 1946. Environ 250 Ostéopathes exerçaient l’ostéopathie comme praticiens libres et 350 à temps partiel.

Actuellement, l’ostéopathie n’est toujours pas officiellement reconnue en France malgré de nombreuses collaborations avec des médecins et des centres hospitaliers sur les plans thérapeutiques et de la recherche.

L’Université de Bobigny, en banlieue de Paris, a commencé à enseigner l’ostéopathie à des médecins, à la suggestion heureuse ou malencontreuse, selon le point de vue, du Dr Pierre Cornillot, doyen de la faculté: un cours de 300 heures fut enseigné par des Ostéopathes non reconnus par l’Ordre des médecins au sein de l’université à l’intérieur des sessions exclusivement réservés aux médecins.

Il est noté en effet qu’en France et dans plusieurs autres pays, le corps médical a eu et a encore tendance à vouloir s’approprier l’acte ostéopathique, dans lequel il n’y voit fréquemment que de la médecine orthopédique, bien souvent au détriment de la pensée ostéopathique qui repose sur un concept de globalité,  mobilité et d’autorégulation du corps. Ce qui cadre mal avec une médecine compartimentée en spécialités médicales et chirurgicales diverses toutes basées sur la symptomatologie et l’interventionnisme.

En résumé

L’ostéopathie qui se développe au Québec vient de deux sources: européenne et américaine: par l’intermédiaire d’une part, de Viola Frymann qui fut l’élève de William G Sutherland, lequel fut l’élève d’Andrew Taylor Still et d’autre part, de Philippe Druelle qui fut l’élève de Denis Brooks, élève de Martin Littlejohn, élève d’Andrew Taylor Still.

Le Collège d’Études Ostéopathiques au Québec a pour objectif de réunir tous les aspects de l’enseignement traditionnel de l’ostéopathie pour créer des Ostéopathes complets.

Depuis le printemps ’90, est né un autre collège d’enseignement en ostéopathie, le Centre Ostéopathique du Québec, affilié à l’«A.T. Still Academy» de France. Son but : enseigner et promouvoir l’ostéopathie selon 1es principes de A.T. Still et de ses collaborateurs.

Le C.O.Q. a fait une demande d’accréditation au R.O.Q.-C. et le dossier est actuellement à l’étude au comité d’accréditation des collèges d’enseignement en ostéopathie.

CONCEPTS DE BASE EN OSTÉOPATHIE TELS QUE DÉCRITS PAR ANDREW TAYLOR STILL

L’unité fonctionnelle du corps humain

L’unité fonctionnelle du corps est une base fondamentale dans les concepts ostéopathiques. Le corps fonctionne comme un tout et les différents systèmes sont en interrelations.

Si une fonction est perturbée, elle cherchera un moyen de compensation en modifiant ou en sollicitant les rapports de la structure afin d’atteindre un nouvel équilibre anatomo-physiologique.

L’interdépendance de la structure et de la fonction

La fonction s’exprime parce que le système myo-fascio-squelettique garde son intégrité et sa mobilité. Les constituants propres de chaque organe ont une influence sur la fonction. On peut comprendre qu’un foie cirrhosé remplit mal sa fonction ou que des ligaments lâches protègent mal une articulation.

Donc, des structures en harmonie permettent une bonne innervation et une bonne circulation.

La libre circulation des liquides dans le corps

Ces liquides vitaux du corps ayant des fonctions de nutrition, de transport hormonal, d’élimination, de métabolites, d’immunité et de protection, il apparaît essentiel d’assurer la libre circulation de ces liquides notamment: le sang artériel, le drainage veineux, la circulation des liquides céphalo-rachidien et interstitiel.

Capacité d’autorégulation de l’organisme

L’organisme possède une tendance naturelle à retourner vers la santé. Notre rôle est de favoriser les systèmes qui génèrent ce retour à l’équilibre. Les exemples sont multiples en matière d’autorégulation:

Le système d’équilibration automatique de la posture verticale par le contrôle du système nerveux.

Les «feed back» endocriniens.

La régulation fonctionnelle somato-somatique, somato-viscérale, viscéro-somatique et viscéro-viscérale.

NOTIONS FONDAMENTALES

Le mécanisme respiratoire primaire

Le mécanisme respiratoire primaire est une notion fondamentale en ostéopathie. Il s’agit d’un rythme biologique, mouvement d’expansion-rétraction, chiffré entre 10 et 14 contractions rythmiques par minute. Il est de faible amplitude (12 à 25 microns) mais palpable par une main éduquée.

Mécanisme : combinaison de pièces osseuses disposées de façon à obtenir un résultat déterminé.

Respiratoire : respiration = métabolisme = formation et élimination. Il s’agit d’un métabolisme intra-crânien. Respiration physiologique au sein des tissus nerveux, autonome et indépendant de la respiration costale.

Primaire : hiérarchie: le système nerveux central commande la respiration costale. Elle vient donc avant la respiration costale.

5 composants du mécanisme respiratoire primaire

Fournissant sa force motrice :
-motilité inhérente du cerveau et de la moelle épinière,
-fluctuation du liquide céphalo-rachidien.

Composant son mécanisme :
-mobilité des membranes intra-crâniennes et intra-spinales,
-mobilité articulaire des os du crâne,
-mobilité involontaire du sacrum entre les iliaques

LES STADES DE LA SANTÉ

Le stade d’adaptation: c’est l’état de vie, de normalité qui se caractérise par le bon fonctionnement des schémas dynamiques liés à l’existence d’un individu au moment présent, i.e. il signe l’équilibre entre les différents systèmes de l’organisme.

Le stade de compensation: c’est un état de restriction. Dans ce cas, les déséquilibres peuvent être déclarés ou latents. Bien souvent, il y a ralentissement fonctionnel des tissus ou structures mais absence de douleur. Par exemple, lors d’une entorse de cheville, la personne continue à marcher, elle protège la région en haussant la hanche et la tension monte à l’épaule opposée, puis se développe à la nuque. On peut ainsi retracer le cheminement des compensations aboutissant à la restriction de la mobilité.

Le stade de la lésion ostéopathique: la lésion ostéopathique définie depuis les origines de l’ostéopathie n’est pas utilisée dans le sens médical. Les lésions sont de trois types et signent toutes un arrêt de fonction localement, régionalement ou globalement, d’origine externe comme un choc directe suite de traumatismes, d’origine interne suite de compensations à distance ou encore par dysfonctions successives dans la physiologie du client.

Le stade de décompensation: c’est le stade de la maladie. La lésion est dépassée, les forces de réévaluation et de défense des différents systèmes neuro-musculo-squelettiques, endocriniens, métaboliques ne répondent plus au système de cohérence unitaire. C’est le stade de dégénérescence, cancer, arthrite, etc…

Le stade de la dissociation de la matière et de l’esprit: il n’y a plus de mouvement, c’est la mort.

LES INTERVENTIONS OSTÉOPATHIQUES

Le diagnostic ostéopathique est une évaluation de la mobilité, de la motilité tissulaire et des rythmes physiologiques comprenant: observation, inspection, palpation fine (faisant usage de la proprioception développée de l’Ostéopathe) et ceci à travers des:

  • tests posturaux
  • tests dynamiques
    i) neuro-musculo-squelettiques
    ii) viscéraux
    iii) craniosacrés

Sa spécificité repose sur des tests palpatoires qui évaluent la fonction ces différentes structures et tissus de l’organisme à la recherche des lésions ostéopathiques. Une lésion ostéopathique est une perturbation de la qualité, de la quantité du mouvement d’une structure et des différents tissus de l’organisme qui entraîne une dysharmonie de fonction.

La lésion ostéopathique se manifeste par des phénomènes locaux et à distance:

  • hyperesthésie;
  • hyperirritabilité;
  • modification de texture du tissu musculaire, du tissu conjonctif et de la peau;
  • modification de la circulation locale et des échanges sang-tissus;
  • modifications dans les fonctions viscérales et les autres fonctions végétatives.

Tout ceci parasite l’équilibre général par l’intermédiaire des systèmes biomécanique, circulatoire, nerveux et hormonal.

La lésion se nomme selon la facilité de mouvement à la palpation. Exemple: Une vertèbre 5e dorsale qui se déplace plus qualitativement en:

  • extension que flexion
  • rotation droite que gauche
  • inclinaison droite que gauche

sera appelée lésion de D5 en extension, rotation droite, latéro-flexion droite (E.R.S. de D5 à droite pour les Anglo-Saxons).

Exemples concrets :

  • Lors d’une première visite, M. L. 55 ans, vient consulter pour une douleur à l’épaule gauche, référé directement. Suite à l’examen palpatoire, l’Ostéopathe demande une consultation chez le radiologue, pour les poumons: cancer de l’apex, le client est référé d’urgence au pneumologue.
  • Madame P. vient consulter l’Ostéopathe suite à de nombreux traitements pour son épaule en physiothérapie et infiltrations de cortisone, sans succès. Suite au traitement de la sacro-iliaque encastrée du côté opposé (causée par une chute dans les escaliers, deux mois auparavant) et après rééquilibration des ceintures scapulaires et pelviennes, Mme P. obtint la cessation des symptômes douloureux.
  • M. Eric D. après 2 ans d’échec de traitement musculo-squelettique chiropraxique et médicamenteux, vient consulter un Ostéopathe pour une épaule douloureuse à gauche. Suite aux examens, il est constaté entre autres, une typologie antérieure avec une hernie hiatale intermittente. Trois (3) séances libèrent les structures et les tensions, l’épaule redevient fonctionnelle et sans douleur.

Les interventions ostéopathiques sont multiples et elles ont pour but premier la recherche des causes afin de mieux supprimer les symptômes.

Nous en énumérons succinctement quelques-unes :

  • Le structurel ostéo-articulaire direct: «Trust» haute vélocité.
  • Le structurel indirect pour certaines lésions et groupes de lésions.
  • Le fonctionnel utilisant :
    • la respiration du sujet
    • sa coopération

Ces trois premiers types de techniques ne sont jamais forcées et sont exécutées dans les limites de la physiologie. L’Ostéopathe cherche, par l’intermédiaire des bras de levier naturels que constituent les membres et le rachis, à mettre en tension l’articulation pour lever les spasmes musculaires qui la fixent et en restreignent la mobilité. L’effet réflexe est souvent immédiat, le spasme et la douleur régressent, les muscles et les tendons se relâchent par diminution de la tension exercée sur les propriocepteurs, ce qui diminue le nombre d’influx envoyés à la moelle par les récepteurs et le niveau de facilitation du segment médullaire concerné. Cette facilitation des voies sympathiques peut aboutir à un état de sympathicotonie susceptible d’entraîner une pathologie viscérale. De là, l’importance de la normalisation (thérapie manipulative) d’une lésion ostéopathique vertébrale.

Utilisation de la physiologie du fuseau neuro-musculaire. Les techniques :

  • isométriques
  • isolytiques
  • isocinétiques

Les techniques du Dr Fred L. Mitchell, D.O. («muscle energy»). Ces techniques myotensives sont douces et mettent en jeu la collaboration du patient et peuvent traiter n’importe quelle partie du corps même loin de la colonne vertébrale.

Techniques de W. Sutherland, D.O. qui proposent d’aller dans le sens de la lésion i.e. amener le segment vertébral dans la direction que lui imposent ses contractures. La correction s’opère grâce à la force cinétique du rythme physiologique respiratoire pulmonaire.

Techniques de L. H. Jones, D.O. appelées «Strain and counterstrain» soulagent les douleurs articulaires ou vertébrales en plaçant passivement l’articulation dans sa position de confort maximal i.e. de tension myofasciale minimale. On raccourcit le muscle qui contient le fuseau neuro-musculaire irrité par mise en tension légère des antagonistes. Ce type de techniques permet d’agir localement, mais aussi globalement, ce qui est intéressant lorsque le traumatisme et les réponses réflexes impliquent tout le corps comme dans le <whiplash» par exemple.

Techniques agissant sur la dynamique des fluides : pour régulariser le débit artériel, favoriser le drainage lymphatique et veineux par des pompages.

Techniques viscérales :

La palpation est l’examen clinique essentiel pour tester les axes et l’amplitude de la mobilité du viscère. Le praticien, la main sur l’organe testé, laisse celle-ci suivre passivement ce qu’elle ressent. Il évalue ainsi le rythme et la fréquence de la motilité testée. Selon Barral, D.O. et Mercier, DO., la fréquence de la motilité viscérale est de l’ordre de sept mouvements par minute, elle est plus basse que le rythme crânien et de moitié inférieure à celle du rythme respiratoire.

La manipulation viscérale doit être précise et appliquée avec la moindre force. L’Ostéopathe, par des appuis spécifiques et légers, relance la mobilité et /ou la motilité d’un organe. Les techniques viscérales ont pour but de libérer les ptoses, les adhérences et les viscéro-spasmes. Elles ont ainsi un effet sur la régulation organique en relation avec le système nerveux central et périphérique.

Elles relancent le système autorégulateur et le système endocrinien de l’individu. J.P. Barral, D.O. et P. Mercier, D.O., les divisent en trois sortes: les manoeuvres directes à bras de levier court, les manoeuvres indirectes à bras de levier long et l’induction. Les manoeuvres directes concernent la mobilité. Les manoeuvres indirectes concernent aussi la mobilité et sont utiles surtout lorsque l’organe ne peut être atteint par une manoeuvre directe (poumons-médiastin). L’induction concerne la motilité, ce sont des manoeuvres dérivées de la technique de Becker décrite plus loin.

Techniques myofasciales :

Elles harmonisent les fonctions myofasciales avec l’ensemble du somatique, du psychisme et des fonctions neurophysiologiques :

– Détorsion libre des fascias (C.E.O.)

– La technique de Neidner.

Cette dernière technique est utilisée pour remettre tout individu dans sa spirale, dans son mouvement hélicoïdal. (Tourne dans le sens des aiguilles d’une montre).

  • La technique de Rollin E. Becker, D.O., favorise l’équilibre et les échanges réciproques: elle est parfaitement adaptée au système fascial et au mécanisme respiratoire primaire; elle nécessite une parfaite compréhension et une grande attention palpatoire de la part du praticien. Ce dernier utilise sa sensibilité proprioceptive pour suivre les indications directionnelles des tissus en lésion jusqu’à ce que celles-ci, en «s’empilant» et s’interpénétrant, s’équilibrent et s’annulent, grâce aux bras de levier créés par les plans de mobilité des fascias.
  • La technique énergétique de Pierre Tricot, D.O. libère les tissus fibreux des surcharges énergétiques qui les perturbent. Cette technique s’avère très , efficace pour les accidentés de la route.

 

Travail sur le mécanisme respiratoire primaire (MRP)

  • Travail de la sphère crânienne en globalité: pour redonner la mobilité et la vitalité (expansion-rétraction) aux mouvements crâniens, pour libérer les tensions crâniennes qui causent des névropathies de compression ou des névropathies d’emprisonnement au niveau des structures crâniennes (nerfs, vaisseaux sanguins, …)
  • Importance du core-link et du travail sensoriel des tensions réciproques des membranes
  • Techniques du mouvement physiologique opposé
  • «V spread»
  • Techniques endocriniennes
  • Techniques globales :
    •  Compression du 4e ventricule
    • Roulement bilatéral des temporaux
  • Technique de rééquilibration des trois diaphragmes.

Dans sa méthodologie, l’Ostéopathe utilise ces différentes interventions en fonction des critères suivants:

  • la demande du patient;
  • l’état de santé de l’individu;
  • le stade de récupération:
    • a) inflammatoire
    • b) subaigu
    • c) chronique.

La présence ou pas de lésions orthopédiques ou neurologiques exige des examens complémentaires avant toute intervention. Enfin, le traitement fait référence à la synthèse des résultats obtenus lors de l’évaluation: questionnaire, examens physiques et palpatoires. Chaque traitement ostéopathique répond à des objectifs thérapeutiques de base: rétablir l’harmonie des rythmes de la vie, libérer les stases, favoriser les mouvements internes et externes, volontaires et involontaires afin que le patient, en fonction de ses besoins, puisse répondre aux nécessités de son organisme. Le traitement ostéopathique vise à rétablir le dialogue physiologique entre tous les systèmes.

 

LA CONSULTATION OSTÉOPATHIQUE

Qu’est-ce que fait un Ostéopathe?

Quand un patient vient consulter, l’Ostéopathe écoute la demande, le motif de la consultation et procède à l’histoire de cas complète.

Après l’interrogatoire classique, l’Ostéopathe examine les données complémentaires (RX, scanner et examens biologiques) et s’enquiert de savoir si le patient suit déjà un traitement.

Ainsi, il sera capable d’identifier s’il y a une urgence afin de référer si nécessaire et de coopérer avec l’équipe pluridisciplinaire de santé pour le plus grand bien et la sécurité du public.

Durant la consultation, l’Ostéopathe fera une observation et une inspection :

  1. de la posture verticale, la répartition des charges et du poids, la typologie, les tensions, les contractures, la qualité des tissus et de la peau, etc.;
  2. des tests fonctionnels globaux, régionaux et locaux, des tests passifs, actifs et spécifiques suivant les objectifs de l’évaluation;
  3. de la palpation des différents tissus et des rythmes physiologiques pour évaluer l’importance des blocages ostéo-articulaires, des tensions musculaires, leurs origines, l’importance des contraintes qu’elles imposent à l’organisme localement et à distance en compensation;
  4. de l’identification des causes, et la synthèse des données. L’Ostéopathe valorise les symptômes. Suivant l’état de santé du patient, de son âge, sa vitalité, il bâtit le plan du traitement ostéopathique convenant à chaque patient en particulier;
  5. du traitement ostéopathique selon des objectifs précis :
    1. traiter le patient en fonction de la demande (douleurs, gênes fonctionnelles, dysfonctions somatiques),
    2. traiter les causes de ces troubles,
    3. remettre en mouvement les différents éléments dans l’organisme qui préservent et entretiennent l’équilibre et la santé parfois â distance du site des troubles.

Ceci permet une meilleure intégration du traitement local, réduit grandement la chronicité et valorise l’autonomie des interrelations entre les systèmes;
-réévaluation par les tests de palpations spécifiques.

L’Ostéopathe ensuite explique au patient ce qu’il a fait et dans quel but puis, il donne des conseils d’hygiène de vie. L’Ostéopathe propose des moyens effectifs pour que le patient se prenne en charge.

« Le futur de l’ostéopathie donnera des munitions et du contenu historique aux écrivains du futur.« 

Jean-Guy Sicotte MD, D.O.(Q) Novembre ’89

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(1) Médecine : définition du petit Robert. Science qui a pour objet la conservation et le rétablissement de la santé.
(2) Rapport du groupe de travail sur les médecines douces, septembre ’89, p. 23.
(3) Rapport du groupe de travail sur les médecines douces, septembre ’89, p. 21.
(4) Mémoire sur l’évolution de l’ostéopathie dans le monde et au Québec, Thérèse Ménard, 1986.
(5) American Osteopathic Association.
(6) Mémoire sur l’évolution de l’ostéopathie dans le monde et au Québec, Thérèse Ménard, juin ’86, p. 34.

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